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Politiques industrielles. Le FMI. Aveuglement volontaire
Jean-Paul Baquiast 11/10/2016

Le dernière réunion pour 2016 (7/9 octobre) du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale à Washington 1) a mis en relief ce que les experts du Fonds nomment désormais une « crise existentielle ». Il s'agit de la montée mondiale du protectionnisme, des divisions entre les puissances économiques et d'une hostilité grandissante, dans les pays avancés, de couches croissantes de la population à l'égard de l'ordre économique et politique dominant. ..ordre dont le FMI est supposé être le garant.

La directrice du FMI Christine Lagarde a noté en particulier, dans ces économies avancées censées être les moteurs du « développement » une croissance très faible, un investissement insuffisant, l'absence d'inflation (considérée comme le rapport entre la demande et l'offre). Les prix trop bas des biens de consommation asphyxient les exportateurs de ces biens et par répercussion leurs producteurs dans les pays émergents. Christine Lagarde est allé plus loin en observant que cette croissance mondiale est non seulement faible, mais ne bénéficie qu'à des minorités. Les inégalités entre riches et pauvres ne cessent en conséquence de s'accentuer.

Suma Chakrabarti, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, a renchéri. Il a constaté un refus général de ces « valeurs » que sont le libéralisme économique, l'ouverture des frontières, le dialogue multilatéral et la globalisation des échanges.

D'une façon générale, les participants au meeting ont observé le spectre d'une stagnation séculaire et d'une croissante économique nulle. En parallèle, ils ont dénoncé un « populisme » croissant et la désintégration de l'ordre mondial. Le monde développé ne peut se permettre à la fois des taux d'intérêts suffisants pour encourager l'épargne, une stabilité financière et une croissance adéquates.

Malgré ces diagnostics, que l'on aurait pu croire inspirés par un marxisme à la mode du début du 20e siècle, personne n'a proposé de remèdes. La baisse de la demande mondiale n'explique rien. Elle ne correspond pas à une aspiration globale des consommateurs. Tout au plus pourrait-elle satisfaire des économistes décroissantistes préoccupés par la diminution globale des ressources terrestres face à une population croissante aux exigences sans cesse accrues. Mais ceci n'est en rien la préoccupation du FMI.

La vraie question à se poser consiste à se demander pourquoi la demande d'investissements productifs, la seule capable de nourrir une croissance durable, ne se développe pas. Cela tient évidemment à la structure même de l'économie libérale de marché. Dans celle-ci, l'investissement n'est pas provoqué par l'exigence d'une croissance économique stable, destinée à répondre aux grands besoins sociaux, mais par la recherche de profit au bénéfice des entrepreneurs. Si les taux de profits diminuent, l'investissement est arrêté, ce qui conduit à une croissance moins élevée, voire à une « stagnation séculaire ». Le profit peut être maintenu à court terme par la spéculation financière, mais à long terme, plus aucun motif n'encourage les détenteurs d'épargne à investir.

Les politiques de création de monnaie par la Fed ou la Banque centrale européene (QE) n'arrangent rien car cet argent va chez les banquiers alimenter la spéculation sans aucun effet productif.

Investissement public

Cependant, il apparaît aujourd'hui que l'épargne privée est considérable, bien qu'inégalement répartie. Si aucun mécanisme n'est proposée aux épargnants, elle continue à s'accumuler sans profit pour personne. Or, dans les économies dites mixtes en France, ou l'Etat et les services publics élaborent des programmes d'investissements publics, sans passer par les intérêts capitalistes,ce problème ne devrait pas se poser. Les investisseurs publics peuvent élaborer des programmes d'investissement à court et moyen terme, éminemment rentables en termes de croissance raisonnée.

Mais comme initialement les ressources fiscales et autres dont ils peuvent disposer sont incapables de financer ces investissements, ils doivent trouver un mécanisme susceptible de faire appel aux épargnes privées. La rémunération de cette épargne doit être suffisante pour encourager les épargnants à confier leur épargne, mais suffisamment modérée pour ne pas rendre les investissements publics insupportables à l'économie toute entière. Il va évidemment de soi également que les programmes d'investissements publics doivent aller dans le sens d'un consensus partagé par l'ensemble de la société. C'est le cas aujourd'hui des projets d'énergie verte, des grandes infrastructures de transport et bien évidemment des financement à la recherche scientifique fondamentale et appliquée.

On peut penser que la Chine, associée à la Russie et à certains des Etats traversés, est en train de mettre en place de tels grands programmes, sous le nom de Nouvelle Route de la Soie. On trouvera en annexe un article récent de l'économiste Pepe Escobar, concernant l'avancement de celle-ci, ainsi que la collecte progressive des épargnes privées nécessaires à en supporter momentanément le coût, en attendant les retours sur investissements considérables qui devraient en résulter. 2)

Rappelons que nous évoquons régulièrement sur ces sujets le mécanisme des Obligations à Durée Indéterminée, susceptibles de séduire les épargnants privés, imaginées par notre ami Joseph Leddet 3).

Références:

1) 2016 Annual Meeting of the International Monetary Fund and the World Bank Group
Washington, D.C. October 7-9, 2016

2) Pepe Escobar Why the New Silk Roads terrify Washington

3) Voir notre article