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Editorial. Washington veut condamner WikiLeaks au silence
Jean-Paul Baquiast, Christophe Jacquemin 19/10/2016





Cette volonté déterminée vient de se manifester par la coupure des connexions à Internet de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, réfugié depuis 4 ans à l'ambassade de l'Equateur à Londres. La décision a été annoncée le 18/10 par le ministre équatorien des Affaires Etrangères, au prétexte que WikiLeaks avait publié des milliers de documents pouvant avoir une influence sur les élections dans un pays étranger (les Etats-Unis), contraire aux principes du droit équatorien.

Le président équatorien Rafael Correa, qui s'était précédemment honoré en accordant un droit d'asile à Julien Assage, pour le protéger de poursuites américaines pouvant lui imposer un emprisonnement de longue durée, est effectivement rentré dans le rang sous les pressions de Washington. Rafael Correa s'est certainement souvenu du cas de son homologue le président du Hondura Manuel Zelaya, renversé en 2009 par un coup d'état orchestré par Hillary Clnton, alors Secrétaire d'Etat. Correa n'a pas cependant retiré à Assange, jusqu'à ce jour, l'asile de son ambassade à Londres.

Nul n'ignore que WikiLeaks avait provoqué l'embarras et la fureur de cette dernière en publiant de nombreux documents montrant les comportements illégaux de son Comité de soutien et d'elle-même dans la campagne poour l'élection actuelle à la Maison Blanche.

Rafael Correa est d'autant plus incité à respecter les injonctions de Washington concernant Julian Assange qu'il avait précédemment transféré la moitié de ses réserves d'or à Goldman Sachs pour que la Banque l'aide à couvrir un déficit en forte hausse. Si celle-ci revenait sur cet appui, le régime équatorien s'effondrerait très rapidement. Or qui dit Goldman Sachs, comme nul ne l'ignore, dit Wall Street. Dans la campagne actuelle, Hillary Clinton avait affirmé le soutien complet qu'elle apporterait à Wall Street face à ceux qui voudrait réguler le système bancaire.

Il a peu été dit qu'Hillary Clinton, confrontée en 2010 aux révélations de WikiLeaks. avait demandé à propos de Julian Assange « Can't we just drone this guy? », autrement dit ne peut-on réduire celui-ci au silence en lui expédiant un drone mortel. Depuis, elle a dit qu'il s'agissait d'une plaisanterie, mais la menace était à prendre au sérieux, vu l'habileté des Américains à utiliser des drones contre tous ceux qui les gênent, y compris dans les pays alliés. D'ailleurs un certain Bob Beckel, responsable de la campagne démocrate, avait indiqué judicieusement qu'un Julian Assange mort ne pourrait plus mettre en péril par des révélations la sécurité des Etats-Unis.

Il y a tout lieu de penser que les prétendues allégations de comportement sexuel illégal à l'égard de Julian Assange avaient été fabriquées par la CIA. Elles obtinrent un premier résultat, priver ce dernier de toute liberté physique. WikiLeaks n'en avait pas pour autant été réduit au silence, l'organisation étant prévue pour fonctionner sans la présence physique de son créateur. Si cependant comme probable, Julian Assange se trouvait aujourd'hui, non seulement réduit au silence, mais physiquement supprimé, WikiLeaks perdrait une grande partie de son inspiration.

Il est étonnant de constater que les démocraties européennes, si soucieuses de préserver la liberté d'expression et d'assurer la protection des journalistes jouant un rôle de lanceurs d'alertes, n'aient pas exprimé la moindre volonté de défendre Julian Assange. L'opinion publique d'ailleurs semble manifester une égale indifférence.