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Editorial La sexualité des prêtres catholiques
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin 08/11/2016

 


Image. AFP 07/11/2016 Pédophilie : les évêques de France demandent pardon pour leur silence.

 

Réunie à Lourdes le 07/11, la Conférence des évêques de France a organisé lundi un "temps de prière et de pénitence" pour demander pardon aux victimes.C'est très bien, mais cela ne permet pas de poser le problème de la sexualité des prêtres catholiques.

Nous voudrions ici rappeler à l'Eglise de France, dans une optique si l'on ose dire anthropologique, que:

- La pédophilie, comme les violences sexuelles à l'égard de personnes non consentantes, sont des délits réprimés par le droit pénal. Il convient donc de les prévenir et de les punir.

- La sexualité avec une personne de l'autre sexe, comme le sexe collectif, l'homosexualité ou la masturbation (manustupration selon le terme employé pour la première fois par Montaigne) sont aujourd'hui considérés en France comme des comportements normaux. Il est donc difficile, pour l'Eglise de Rome de les interdire aux prêtres. Cette interdiction peut conduire à diverses dérives, dont des comportements sexuels pénalement répréhensibles.

- Cette interdiction, dite aussi célibat des prêtres, a été présentée des les origines par l'Eglise comme devant permettre aux prêtres (hommes et femmes) de dépasser leurs pulsions pour le sexe afin de se consacrer au service de Dieu et des hommes. Mais dans le même temps, l'Eglise n'a jamais condamné la recherche d'autres plaisirs, tels que la gastronomie et le goût du luxe.

- Les autres religions, dont en France notamment le protestantisme et le judaïsme, ne prétendent pas interdire la sexualité à leurs pasteurs, dès lors qu'elle respecte, notamment dans le mariage, un certain nombre de critères sociaux.

- L'obligation de célibat des prêtres catholiques remonte aux origines de l'Eglise chrétienne. Dès cette époque, on peut l'analyser non comme une quête pour une vie plus proche de Dieu mais comme une volonté spécifique à l'Eglise catholique pour s'attacher de larges effectifs de combattants, les prêtres, chargés à travers les siècles de défendre et étendre l'institution.

- L'Eglise, en tant qu'institution, peut être analysée au moins en partie comme un instrument de pouvoir au service de divers intérêts matériels et politiques n'ayant rien de désintéressé et de transcendant. Elle l'a toujours été, comme le montre l'Histoire.

Beaucoup de prêtres catholiques l'ont aujourd'hui compris et s'affranchissent pour leur compte des interdits sexuels imposés par l'Eglise. Ils ne renoncent pas pour autant à leur croyance en Dieu. Ceci n'a rien de condamnable, sauf en ce qui concerne des dérives comme la pédophilie réprimées comme il vient d'être rappelé par le droit pénal.

Autrement dit, si l'Eglise catholique voulait vraiment empêcher ses prêtres de verser dans la pédophilie, elle ne devrait pas tenter de leur interdire les autres formes de sexualité. Un nombre croissant de prêtres le demandent et s'adonnent plus au moins discrètement à ces autres formes de sexualité, en dehors même de l'incontournable masturbation. Ceux qui respectent l'interdit sont souvent à la recherche de formes d'auto-punitions que connait bien la psychanalyse et la psychiatrie et dont les dégâts sociaux peuvent être considérables.

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