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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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Sciences politiques. Le pouvoir des services secrets sur les gouvernements.
Jean-Paul Baquiast 24/02/2017

Dans un article du Monde daté du 23/02/2017, qu'il faut lire évidemment avec un esprit critique, Robert Littell, auteur du « Grand roman de la CIA », se demande si Trump sera en mesure de résister aux manoeuvres contre lui de la Communauté du Renseignement (IC) qu'il a lui même déclenchées par ses mises en cause précédentes 1)

En effet, dans ses déclarations sur Twitter, il a accusé la CIA en particulier et l'IC en général de divulguer de fausses informations, concernant notamment ses rapports prétendus avec la Russie. Il a comparé la CIA à la Gestapo.

Trump s'attaque à forte partie. L'IC consiste en dix-sept organismes, les plus connus étant la CIA et la National Security Agency (NSA). Elle emploie 850 000 personnes. Elle dispose d'informations détaillées sur ce qui se passe et se dit dans le monde, ceci grâce à un réseau inégalé d'espionnage informatique et à la taille exceptionnelle des serveurs où celles-ci sont mémorisées à vie. Ces informations peuvent être utilisées contre des ennemis supposés de l'Amérique, mais aussi contre les mouvements politiques et personnalités américaines qui voudraient s'opposer à ce que l'IC estime devoir être défendu.

Face aux dénégations répétées de Trump concernant ses rapports ou ceux de ses collaborateurs avec Vladimir Poutine, elle a laissé entendre clairement qu'elle était prête à fournir une avalanche de renseignements compromettants propres à paralyser l'action du Président, voire provoquer sa destitution.

Il est clair que Trump s'est désormais engagé dans une guerre perdue d'avance. L'IC sera en mesure de communiquer des informations mettant en cause sa politique, la gestion de ses intérêts voire sa vie privée. Rien ne permettra de savoir si ces informations seront vraies ou fausses, nul n'étant en mesure de pénétrer les secrets de l'IC. Ce sera finalement celle-ci et les intérêts qu'elle sert qui définiront les grandes lignes, voire les détails, de la politique américaine.

Les membres du Congrès et les multiples formes de l'Etat profond américain hostiles aux projets envisagés par Trump ne manqueront pas d'exploiter l'action de l'IC, ceci jusqu'à provoquer un regime change. En bénéficieraient les forces financières dites « mondialistes » de même que toutes celles du lobby militaro industriel belliciste ayant précédemment soutenu la candidature Clinton.

L'on sait que depuis plus de 70 ans la CIA a monté dans une partie du monde des coups d'Etat permettant de destituer les gouvernements légitimes jugés insuffisamment coopératifs et mettre à leur place des régimes soumis. Elle s'en prend d'ailleurs aujourd'hui à la Chine et même à la Russie. Mais là elle se heurte à forte partie. Trump apparemment se révèle beaucoup plus faible et dépassé par des enjeux qu'il ne soupçonnait pas.

Le FSB et Vladimir Poutine

Vladimir Poutine vient d'exposer lors d'une réunion le 17.2/2017 tenue avec les responsables du FSB ou Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie (successeur du KGB) les grandes lignes de ce que sera sa politique pour lutter contre les menaces qui selon lui pèsent sur le pays. Il a par ailleurs précisé ce que devrait être les actions de coopération qu'il pourrait entretenir avec Donald Trump. On en trouvera le détail dans un article du toujours très bien informé Alexander Mercouris publié par le site The Duran 2) .

Poutine n'a pas toujours contrôlé le FSB. Néanmoins depuis quelques années il semble avoir maîtrisé l'appareil pour le mettre au service de la politique interne et internationale qu'il propose à la Russie. Quelques éléments supposés trop proches des Occidentaux en ont été éliminés. Rien ne permet d'affirmer qu'il n'a pas d'adversaires aujourd'hui au sein du FSB. Mais la nuisance de ceux-ci à son égard sera sans commune mesure à celle de l'IC à l'égard de Trump. La publicité donnée à la réunion du 17 février montre que Poutine n'hésite pas à rendre publiques les orientations qu'il fixe au FSB. Ceci permet à l'opinion nationale de le soutenir dans sa démarche, dans la mesure où ces orientations paraissent conformes aux intérêts de la Russie.

Qui commande aux services secrets?

Cette question est régulièrement posée, dans la mesure où ces services, secrets par définition, ne communiquent jamais sur les ordres qu'ils reçoivent ou les autorités dont elles émanent. Vu la puissance dont les services secrets disposent, il y a là une contradiction avec la politique de relative transparence recherchée, en principe, par les régimes dits démocratiques. Mais il est bien évident que tout, même dans ces régimes, ne peut pas être communiqué. Il en résulterait un échec certain des politiques recherchées par les gouvernements.

Cependant il y des différences. Autant en principe les instructions que donne Vladimir Poutine et son gouvernements au FSB sont relativement publiques, ce qui lui permet de contrôler ce service en s'appuyant sur une volonté générale, autant celles que reçoivent les services composant l'Intelligence Community américaine demeurent mystérieuses. On peut penser non sans raison qu'elle n'obéit qu'à elle-même, au service de ses propres intérêts de domination Il en fut ainsi de la CIA d'Edgar Hoover sous Kennedy et ses successeurs . Rien ne permet d'affirmer que cette perversion ait disparu dans l'Amérique d'aujourd'hui.

Mais il serait irréaliste de croire que dans le cercle des intérêts composant l'Etat profond, il n'en aurait pas de nombreux que dérangeraient les intentions affichées par le programme de Trump, notamment un rapprochement avec la Russie. Le plus probable est que beaucoup se trouvent dans le Lobby Militaro Industriel. Les hiérarchies des partis Démocrate et Républicain inquiets par les ouvertures (dites populistes) de Trump vers des millions d'électeurs pauvres veulent certainement aussi provoquer la chute d'un Président potentiellement dangereux.

Trump paraît l'avoir bien compris. Loin de poursuivre ses projets initiaux, il multiplie actuellement les concessions à ses adversaires. Il trahit ainsi ceux qui l'avaient soutenu. Mais sera-ce suffisant? Sans doute pas, dans la mesure où l'IC et ceux qui inspirent celle-ci paraissent désormais vouloir sa tête.

Notes

1) Voir http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/02/22/un-president-stagiaire-plonge-dans-un-nid-d-espions_5083365_3232.html#I7umyYd61cCIEOGs.99

2) Voir http://theduran.com/vladimir-putin-fsb-make-offer-to-donald-trump/


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