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Politique. Sur le "désastre grec"
par Panagiotis Grigoriou et Jean-Paul Baquiast 11/06/2017


Nous publions ici pour l'information de tous une réponse envoyée par Panagiotis Grigoriou, ethnologue et historien engagé en faveur de l'indépendance de la Grèce. Celui-ci a évidement été scandalisé par les capitulations du gouvernement Tsipras face à ce que l'on nomme en Grèce la Troïka, la Commission Européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

Ces trois institutions, au prétexte d'aider la Grèce à rembourser des dettes dont seules les « élites » grecques étaient responsables, ont pris totalement en main les institutions démocratiques dans ce pays. Panagiotis Grigoriou publie un blog, en grec et français, www.greekcrisis.fr où il analyse cette situation, que l'on pourrait de plus en plus qualifier de désastreuse pour la Grèce et même pour les autres Etats européens.

Dans ce blog, il vient d'écrire un article dont nous conseillons à tous la lecture intitulé Mémoires du large. Voir http://www.greekcrisis.fr/2017/06/Fr0621.html

Nous avions réagi à cet article par ce petit message: Votre article confirme ce que nous pensons ici sur ce qu'il faut bien nommer le « désastre grec ». Nous pensons pour ce qui nous concerne que la même calamité s'attache à la France, à une autre échelle. Tout montre qu'elle n'échappera jamais à l'emprise de Wall Street, de Washington et du Pentagone. Ceux-ci ont trop de relais en France pour que l'on puisse l'espérer. La preuve notre nouveau président, pur produit quoiqu'il en dise de l'américanisme relayé par l'UE. Ajoutons que tous ceux qui le peuvent sont incités ici à vous soutenir, vous et votre blog. Votre survie est difficile.

Voici la réponse de Panagiotis Grigoriou, en date du 11/06/2017

Je confirme vos craintes. D'abord, la dislocation du corps social me semble évidente, puis, près de 500.000 Grecs (jeunes, formés et dynamiques) ont quitté le pays depuis 2010 (mémorandum Papandréou). Ensuite, comme vous le signalez, trop de gens en Grèce (et pas seulement en Grèce j'ajouterais) profitent (encore pour l'instant) de cette situation. J'estime que cette partie de la population atteint environ le 30%.La société grecque aurait pu réagir, et elle l'a fait dans une certaine mesure entre 2010 et 2012, j'y étais d’ailleurs.

Nous nous disions à l'époque que les mouvements politiques et syndicaux se sont montrés incapables devant toute action réellement concertée, efficace et surtout porteuse d'un vrai programme alternatif.

Mais à présent, et avec l’expérience (dont celle du terrible "Montoire" de Tsipras et la "transformation" du "NON" à 62% du referendum de 2015 en "OUI"), nous avons l'impression que cette "impréparation" n'a pas été tout à fait fortuite.Et (également) pour cette raison, la probabilité d'un gouvernement de type Orban en Grèce tiendrait effectivement du rêve. Les causes sont ainsi historiques et hystériques (au sens premier et ancien du terme "hystérisis" - "qualités et caractéristiques manquantes"), personnel politique inféodé aux "créanciers historiques" du pays, clientélismes, épuisement psychologique, économique, symbolique et d'abord culturel.

Le "gouvernement" Tsipras est ainsi vraiment haï du plus grand nombre, cependant, les Grecs réalisent désormais (lorsqu’ils le réalisent) que le changement à introduire ne tient plus de la supposée alternance politique entre les partis (devenus inutiles, tout comme le "Parlement" puisque toutes les décisions en matière politique économique et pas seulement sont dictées par la Troïka élargie), mais plutôt d'un improbable changement de régime. Donc impasse... et pronostic difficile.

La ridiculisation de l'ensemble du système politique (gauche comprise) a été accomplie par Tsipras, aux yeux en tout cas de ceux qui dans une situation parfois de survivalisme au quotidien, sont encore capables d'un minimum de Logos. Or ils sont de plus en plus rares, croyez-moi

Panagiotis Grigoriou