Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 181
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubrique

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

Géopolitique. Guerre au projet de gazoduc qatari-iranien
Jean-Paul Baquiast 29/06/2017

 

Le spécialiste américain reconnu des questions de stratégie pétrolière, William Engdhal rappelle que les conflits au Moyen-Orient n'ont pas d'autres explications que la recherche du contrôle par diverses puissances des gisements pétroliers et gaziers de la région. Cette constatation paraîtra banale. Mais Engdhal actualise la question en ce qui concerne le récent conflit Arabie Saoudite et Qatar, la première étant soutenue par les Etats-Unis, et le second par l'Iran et en arrière plan par la Russie. On lira son article ici 1)

Nous avions déjà abordé plusieurs fois cette question, dans des articles référencés ci-dessous. L'élément nouveau tient au fait qu'initialement le Qatar avait négocié avec l'Arabie un projet de gazoduc lui permettant d'exporter son gaz vers la Syrie puis vers l'Europe. Mais devant les difficultés, les risques et le coût découlant d'un gazoduc traversant le désert arabique, le Qatar s'est rapproché début 2017 de l'Iran pour exporter en commun les ressources considérables d'un champ commun gazier considéré à ce jour comme le plus important au monde, le South Pars / North Dome, situé à cheval entre les eaux territoriales de l'Iran et du Qatar. Les deux pays se partagent aussi les revenus considérables en découlant.

Devant la volonté de Donald Trump, soutenue par l'Arabie, de déclarer une guerre économique, sinon une guerre véritable, à l'Iran, Doha ne pouvait pas se permettre de couper les ponts avec Téhéran. D'où ce projet de gazoduc Qatari-Iranien (dit islamic gazpipeline sur certaines cartes ) de l'Iran à la Méditerranée via éventuellement la Turquie puis l'Europe. Le trajet de celui-ci vers la mer serait beaucoup plus sûr et bien contrôlé par les Iraniens. Aux yeux de Riyad, Washington et leur allié Tel-Aviv, il s'agirait d'une véritable catastrophe géopolitique. Cette perspective a justifié leur déclaration du guerre au Qatar.

Il faut ajouter que la production de gaz de schiste américaine devenant pléthorique, les Etats-Unis comptaient l'exporter vers l'Europe par une flotte de pétroliers gaziers. Encore faut-il pour que ceci devienne rentable que le prix du gaz naturel ne baisse pas trop. Empêcher le Qatar d'exporter le sien ne pourra donc que servir leurs intérêts.

Compte tenu du soutien russe, turc et iranien au Qatar, on peut douter que la guerre diplomatique déclarée par Riyad à ce pays puisse aboutir à un résultat quelconque.

On se demandera aussi pourquoi la Russie, qui compte également exporter son gaz vers l'Europe, soutiendrait le projet de gazoduc qatari-iranien. Sans doute parce que les enjeux stratégiques de son entente avec l'Iran et aujourd'hui le Qatar comptent plus pour elle que ses intérêts pétroliers, déjà compromis par les “sanctions” américaines.

Références

1) http://journal-neo.org/2017/06/24/has-washington-lost-the-middle-east-after-qatar/

2 Voir le 06/06/2017, http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2584&r_id=

ainsi que le 25/03/2015 http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1705&r_id=


Retour au sommaire