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Armements. Corée du Nord. Bombe à hydrogène ou bombe atomique boostée?
Jean-Paul Baquiast 03/09/2017

L'essai réussi d'une bombe à hydrogène annoncé par la Corée du Nord le 03/09 a suscité d'innombrables réactions dans le monde, s'apparentant parfois à une véritable psychose.

Selon Pyongyang, il s'agissait d'une tête thermonucléaire susceptible d'être emportée par les ICBM que parallèlement la Corée du Nord est en train de mettre au point. L'explosion aurait été de 50 à 70 kilotonnes. Rappelons que celle de la bombe utilisée à Hiroshima était de 15 kilotonnes environ. Or la première bombe thermonucléaire à fusion développée aux Etats-Unis avait en 1953 provoqué une explosion de 10 mégatonnes, c'est-à-dire infiniment plus puissante. La psychose autour de la bombe à hydrogène annoncée par Pyongyang est-elle raisonnable?

En premier lieu, il faut rappeler que tous les pays disposant d'une telle arme ont pourtant montré que, sauf folie inimaginable, ils ne l'utiliseraient pas dans un conflit. Ce serait en effet suicidaire. Ils seraient dans les minutes suivantes anéantis par des frappes en retour bien plus puissantes, pouvant provenir notamment de sous-marins nucléaires qui auraient échappé à la bombe H ayant frappé leur pays.

Les responsables nord-coréens ont d'ailleurs expliqué, avant-hier encore, qu'ils n'utiliseraient pas leur bombe en premier. Ils veulent seulement décourager des agressions telles que celles ayant détruit Khadafi, qui n'avait pas voulu se doter d'armes nucléaires.

Mais se pose en premier lieu la question de savoir si Pyongyang dispose vraiment d'une bombe thermonucléaire. Certes, la bombe ayant explosé dans un centre d'essai souterrain a provoqué un séisme ressenti dans toute la région. Mais il pourrait s'agir, selon certains experts, non d'une bombe nucléaire proprement dite, mais d'une bombe atomique renforcée (boostée). Une telle bombe produirait, si elle était utilisée, des effets destructeurs voisins de ceux d'une bombe à hydrogène d'une petit volume. Cependant elle ne serait pas susceptible de voir sa puissance sensiblement accrue. De même, elle serait – en principe- difficilement miniaturisable, afin de servir de tète nucléaire à un ICBM.

Selon l'expert russe Alexander Uvarov, éditeur du site AtomInfo.ru, (http://atominfo.ru.pagesstudy.com/), un processus de fission boosté utilise une petite quantité de tritium et de deutérium permettant de produire une fusion limitée. Les neutrons produits par la fusion s'ajoutent à ceux de la fission, permettant de provoquer une chaine de fission dans l'ensemble du combustible équipant la bombe. Ceci accroit sensiblement la force de la fission. Mais elle ne serait pas comparable à celle résultant de l'explosion d'une véritable bombe à fusion, même de petit volume.

Autrement dit, dans cette hypothèse, il faudrait admettre que Kim Jong Un a considérablement exagéré la puissance de l'arme dont il dispose. Il ne s'agirait pas – pour le moment du moins - d'une véritable bombe thermonucléaire. Dormez tranquilles, bonnes gens.

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