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Editorial. Est-il raisonnable de penser que des humains puissent dans les 50 ans s'établir sur Mars?
Jean-Paul Baquiast Christophe Jacquemin 09/09/2017

La question se pose quelle que soit la durée de cet établissement, quelques jours, quelques mois ou années, voire définitivement, c'est-à-dire sans perspectives de retour. La Nasa avait il y a quelques année promis qu'elle allait pouvoir organiser cette expédition aux alentours des années 2030. Il ne s'agirait pas alors uniquement de faire orbiter des astronautes autour de Mars, mais de s'y installer.

La Chine et la Russie en parlent. Le milliardaire américain Elon Musk l'a fait aussi, en escomptant pouvoir développer son système SpaceX. Des appels à candidature avaient d'ailleurs été organisés. Ils spécifiaient qu'il s'agirait d'un voyage sans retour, faute de moyens permettant de revenir sur Terre. Quelques centaines de volontaires s'étaient quand même déclarés. On a pu suspecter leur sincérité, le geste ne leur coûtant pas grand chose.

Il y a quelques mois cependant, la Nasa a annoncé qu'elle devrait renoncer à son projet martien, faute des crédits considérables dont elle aurait besoin. Il lui faudrait, a-t-il été estimé, disposer pendant 20 ans d'au moins 4 fois son budget annuel actuel, qui est d'environ 20 mds de dollars.

Ceci aurait été envisageable si les Etats-Unis réduisaient leurs dépenses militaires actuelles, soit environ 650 mds pour le seul Pentagone. Mais Donald Trump a au contraire promis de l'augmenter de 50 mds. Certes, tous les grands pays ayant des politiques et des agences spatiales importantes pourraient s'unir dans un programme commun, mais pour le moment, politiquement, ceci ne paraît pas envisageable. Un accord international pour maintenir la station spatial ISS au delà de 2024 n'a même pas encore été obtenu. .

Une meilleure estimation de ce que représenterait un projet d'installations d'humains sur Mars ne peut conduire qu'au pessimisme. En dehors de révolutions technologiques concernant la puissance des lanceurs, et des atterrisseurs, révolution improbable dans les prochaines décennies, il faut prendre en compte de nombreux facteurs généralement passés sous silence. Ils concernent le poids des équipements anti-radiation, du système d'atterrissage et surtout des équipements et vivres permettant aux astronautes de survivre sur la planète un temps suffisant. fut-il de quelques jours ou semaines. Vu la faible densité de l'atmosphère martienne, il faudrait un parachute de la taille de Paris pour assurer un amarssissage en toute sécurité.

Ce poids deviendrait exorbitant si l'on prévoyait un système de retour sur Terre. D'ores et déjà, l'envoi sur Mars d'un robot tel que Curiosity, pesant 1 tonne, avait suscité des difficultés et des dépenses considérables. Beaucoup de tentatives de même nature faites ces dernières années s'étaient traduites par des échecs. L'hypothèse prévoyant un atterrissage sur le satellite martien Phobos paraît un peu plus envisageable, vu la faible force de gravité exercée par celui-ci. Mais Phobos ne serait pas Mars. Son exploration n'aurait pas le même intérêt.

Des groupes de pression tels que la Deep Space Exploration Coalition américaine font valoir que quelques décennies avant la réalisation des premiers vols aériens ou l'envoi réussi d'expéditions lunaires, tous les experts jugeaient la chose impossible. Il suffit de vouloir pour pouvoir. Disons alors que personne ne veut vraiment et que cela ne changera pas à l'échelle humaine, vu les difficultés qu'aura l'humanité pour survivre sur une Terre soumise au réchauffement climatique.