Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 184
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubrique

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Article. Naissance et mort des Electrobus
Jean-Paul Baquiast 11/09/2017



Londres était au début du 20e siècle la capitale mondiale des innovations. C'est ainsi, comme nous l'apprend un article du NewScientist, que les omnibus à chevaux avait commencé à être remplacés par des omnibus électriques, dits Electrobus, en juillet 1907. Ceux-ci rencontrèrent tout de suite un grand succès auprès des voyageurs, car ils étaient remarquablement silencieux et beaucoup plus souples d'emploi que leurs homologues utilisant la traction hippomobile. Ils étaient également plus économiques à déployer en ville que les tramways.

Les Electrobus étaient propulsés par des batteries, certes très lourdes, mais qui leur donnait assez d'autonomie pour parcourir environ 30 kms par jour sans avoir besoin d'être rechargées. Il faut rappeler, que la technique de la batterie au plomb/acide avait été inventé par les premiers ingénieurs électriciens anglais dans le demi-siècle précédent. Elles étaient presqu'aussi efficaces que les actuelles batteries au plomb.

Toutes les grandes villes auraient suivi l'exemple de Londres. Ceci aurait pu révolutionner le 20e siècle et le début du 21e en permettant de disposer d'un parc automobile aussi important que celui existant aujourd'hui, mais fonctionnant avec des moteurs électriques, non polluants et silencieux. Apparemment la question des matières premières nécessaires pour la fabrication des batteries ne se serait pas posée, compte tenu des ressources en plomb disponible. Le courant aurait été produit facilement, en utilisant principalement l'énergie hydraulique.

Il va sans dire que les fabricants des premiers autobus à moteur fonctionnant au pétrole avaient vu avec inquiétude le succès des électrobus. Leurs propres véhicules étaient à l'époque détestés par les Londoniens du fait de leur bruit assourdissant, de leurs gaz d'échappement asphyxiants et de leurs fréquentes pannes.

Malheureusement des escrocs financiers – encore plus fréquents à cette époque qu'aujourd'hui avaient flairé la bonne affaire. Ils ont lancé des emprunts importants auprès du public, prétendument destinés à créer de véritables chaines industrielles. Ces emprunts ont été sans difficultés couverts par des épargnants espérant pouvoir faire de bonnes affaires. Mais les escrocs n'ont mis en place qu'un très petit atelier de production. Ils ont dilapidé le reste dans des spéculations rentables pour eux mais sans avenir. Ceci s'est su et ce fut la fin de l'aventure des électrobus, personne d'autre ne s'étant risqué à en reprendre l'idée.

De leur côté, les fabricants d'autobus à moteur avaient compris la leçon et avaient investi à grande échelle. Faute d'alternative, les Londoniens ont été obligés d'accepter leurs véhicules, malgré leurs défauts.

Aujourd'hui seulement, les autobus à moteur électrique connaissent un véritable succès. La Chine est championne en ce domaine. Ceci doit faire réfléchir les promoteurs d'innovations exploitant des idées prometteuses. Si des précautions multiples ne sont pas prises, elles seront vite rejetées. Combien de telles idées sont restées sans suite? Sans doute beaucoup plus que le grand public ne l'imagine.

 

Retour au sommaire