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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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Actualités pour octobre 2017

 

Vers la fin du roi-dollar
Jean-Paul Baquiast 25/10/2017

Nous avons plusieurs fois ici consacré des articles à cette question. Mais les évènements semblent s'accélérer.

Le terme de fin du roi-dollar ne signifie pas que celui-ci cessera d'être utilisé comme moyen de paiement, tant aux Etats-Unis que dans un certain nombre de ays gravitant dans l'orbite économique et politique de l'Amérique. Par contre, du fait de la généralisation en cours dans une partie du monde d'une monnaie chinoise, le yuan, indexé sur le pétrole (petro-yuan) et convertible en or, le dollar cessera d'être utilisé par un nombre de plus en plus grand de pays voulant échapper à l'emprise américaine.

Faut-il rappeler qu'actuellement le cours du dollar ne résulte que faiblement de l'offre et de la vente sur les marchés internationaux. Il est fixé souverainement par la Banque fédérale américaine, au mieux des intérêts de l'économie et du gouvernement des Etats-Unis. Les autres utilisateurs de dollars, faute d'alternatives crédibles, doivent s'en accommoder, quelles que soient les pertes que ces manipulations peuvent leur infliger.

Ceci sera de moins en moins supporté. Même l'ancien chef-économiste de la Banque mondiale, celle-ci pourtant très largement dévouée aux intérêts américains, vient d'indiquer qu'il était temps de remplacer le dollar par une super-monnaie de change unique, y voyant le moyen de favoriser la stabilité du système financier global.

Vladimir Poutine, quant à lui, avait recommandé aux membres du Brics, lors du sommet de l'organisation à Xiamen il y a deux mois, de mettre en place, au moins à leur niveau, une monnaie de réserve leur permettant, sans nécessairement abandonner complètement l'utilisation du dollar, d'échapper à la domination de celui-ci.

Or la Chine vient d'annoncer (voir référence ci dessous) qu'elle lancerait prochainement un contrat-type concernant le pétrole (brut) libellé en yuan et convertible en or à Shanghai et Hong Kong.. Celui-ci, du fait que la Chine est le plus grand importateur de brut en Asie, permettra d'échapper à la définition du prix du brut fixé en US dollars par des intermédiaires américains tels que les Brent ou West Texas Intermediate.

La Russie et l'Iran, gros exportateurs de brut, pourront ainsi négocier, au moins vers la Chine et certains pays intéressés du Brics, leurs contrats en petro-yuan et échapper ainsi aux « sanctions » américaines. Le Vénézuela, par la voix du Président Maduro, a immédiatement fait connaître qu'il rejoindrait le nouveau groupe des pays utilisant comme moyen de paiement et de réserve le pétro-yuan convertible en or.

Quant à divers Hedge Funds travaillant en Asie, y compris pour des intérêts américains, certains se sont dit très intéressés par la mise en place de la nouvelle monnaie de change.

Référence

https://asia.nikkei.com/Markets/Commodities/China-sees-new-world-order-with-oil-benchmark-backed-by-gold?n_cid=NARAN1507


AlphaGo, l'I.A. à la conquète du monde?
Jean-Paul Baquiast 24/10/2017


 

Les inventeurs d'AlphaGo ( https://fr.wikipedia.org/wiki/AlphaGo) annoncent aujourd'hui que leur logiciel est devenu encore plus performant qu'auparavant.

AlphaGo est un programme informatique capable de jouer au jeu de Go, développé par l'entreprise britannique Google DeepMind. On rappellera à cette occasion que Google a racheté depuis quelques mois toutes les entreprises innovantes en Intelligence Artificielle (AI). Ceci dans le but avoué de maitriser le monde de demain, qui sera très largement numérique. La politique de Google intéresse fortement en ce domaine le Ministère américain de la Défense, qui vise le même objectif. Les deux structures coopèrent très étroitement.

En octobre 2015, AlphaGo est devenu le premier programme à battre au jeu de Go (https://fr.wikipedia.org/wiki/Go_(jeu) un joueur professionnel (le français Fan Hui) . Ce programme joueur de Go était alors un défi complexe de l'intelligence artificielle. Par la suite, en mars 2016, il a battu Lee Sedol, un des meilleurs joueurs mondiaux. Le 27 mai 2017, il a battu le champion du monde Ke Jie et sa retraite avait été annoncé.
Il n'a pas tardé cependant à être remplacé par une version encore plus évoluée,nommée AlphaGo Zero.

L'algorithme d'AlphaGo combine des techniques d'apprentissage automatique et de parcours de graphe, associées à de nombreux entrainements avec des humains, d'autres ordinateurs, et surtout lui-même. La nouvelle version, AlphaGo Zero,
a battu très largement son ancienne version. Le programme a été conçu pour apprendre à jouer de manière autonome sans données tirées de parties humaines. La version précédente avait été éduqué par plus de 100 000 parties jouées avec des humains. AlphaGo Zero n'a bénéficié d'aucune expérience de cette nature.

Ses créateurs lui ont simplement injecté les règles du Go et une série d'algorithmes lui permettant de jouer contre lui-même. Il s’agit de la technique de « reinforcement learning » ou apprentissage par renforcement. Lorsqu’un mouvement conduit le programme près de la victoire, il en conclut que c’était un coup efficace. Deep Mind n'a pas précisé combien de jeux contre lui même ont été nécessaires pour mener AlphaGo Zero à son niveau actuel.

Au jeu du Go, il y a autant de combinaisons possibles que d’atomes dans l'univers. Il s'agit évidemment d'une image car personne n'a compté le nombre de ces derniers. La progression d' AlphaGo Zero a été incroyablement rapide:

- En trois heures, il a atteint le niveau d’un humain débutant
- En trois jours et 5 millions de parties, il a battu sa version précédente qui avait vaincu Lee Sedol, champion du monde de Go, en 2016.
- En 40 jours, il a dépassé la version la plus performante d’Alpha Go.

AlphaGo Zero n'a utilisé qu'une seule machine, un système de neurones artificiels conçu pour simuler certaines fonctions du cerveau humain. Ceci contrairement aux multiples machines composant le cerveau de son prédécesseur.

Deep Mind a indiqué qu' AlphaGo Zero «  n'était plus contraint par les limites de la connaissance humaine ». Est-ce à dire que les algorithmes de tels programmes, utilisés dans d'autres domaines, permettraient à l'AI de se développer sans les humains, voire contre eux?

On en est loin. AlphaGo Zero s'est formé dans un très étroit domaine de connaissances, celui du jeu de GO. Les humains, que ce soit à titre individuel ou collectif, naviguent à l'aise dans une infinité de connaissances. Les futures AI pourront maitriser un certain nombre de domaines – ce qui est déjà considérable – mais elles ne pourront pas acquérir une intelligence générale. De plus ce sont des humains qui, à ce jour encore, ont conçu et implémenter les algorithmes du jeu .

A ce jour, on ne voit pas comment l'Intelligence Artificielle Générale pourrait d'elle-même se substituer aux humains dans ce domaine. Mais l'avenir pourrait révéler des surprises de taille. .


 

Le nécessaire renforcement de la marine militaire française
Jean-Paul Baquiast 24/19/2017

Image Un BPC (Bâtiment de Projection et de Commandement) escorté par une FDA (Frégate de Défense Aérienne) et une FREMM (Frégate multi-missions)

Il sera extrêmement compliqué, pour ne pas dire impossible, de tenir le niveau d’activité opérationnelle de la marine si son format en matière de frégates de premier rang n’est pas relevé.  Pour en savoir plus sur cette question essentielle en matière de défense, on se référera à un excellent article publié par notre confrère Mer et Marine.

Précisons que la France est à peu près la seule à entretenir une force navale capable de missions minimum de défense, non seulement du pays mais des autres Etats européens. La Grande Bretagne dispose d'importants moyens, mais il est impossible se savoir aujourd'hui, dans le cadre du Brexit, ce à quoi ils seront affectés.

Précisons aussi que si la France, n'ayant pas encore renoncé à une activité militaire dans l'Otan, est obligée par les Etats-Unis à consacrer des moyens destinés aux activités défensives et offensives anti-russes, elle a ses propres besoins de marine militaire.

Ceci notamment compte-tenu de l'étendue de son domaine outre-mer, tant dans l'Atlantique qu'en Méditerranée, mais aussi compte tenu de nouvelles menaces pouvant venir d'Etats pénétrés par un islam de combat ou d'Etats voyous vivant de la contrebande maritime et du piratage.

Référence

Mer et marine 05/10/2017

https://www.meretmarine.com/fr/content/la-marine-nationale-demande-le-retour-18-fregates-de-premier-rang

* Sur un sujet voisin, voir, toujours de Mer et marine

https://www.meretmarine.com/fr/content/lonera-met-de-lintelligence-artificielle-sur-les-drones-maritimes


Essais nucléaires nord-coréens: Pyongyang joue avec le feu.
Jean-Paul Baquiast 21/10/2017

 

 

L'attention internationale vient d'être attirée par la déclaration récente de Kim Jong Un, président de la Corée du Nord, selon laquelle il menaçait Washington  de lui porter un coup «inimaginable» au moment le plus «inattendu», selon l'agence Yonhap 1).

Mais une menace d'une bien plus grande ampleur pourrait affecter les deux Corées et la Chine voisine. Celle-ci d'ailleurs s'en inquiète. Elle vient de fermer une partie de sa frontière avec la Corée du Nord et prévoit la mise en place d'observatoires de radiation nucléaire sur celle-ci. Ceci parce que le massif montagneux sous lequel, par des réseaux de tunnel, la Corée du Nord a réalisé 5 de ses 6 essais de bombes nucléaires, serait menacée d'effondrement. Il en résulterait la production d'un vaste nuage de radiations atomique qui dévasterait toutes les zones géographiques proches. 2).

Des scientifiques indépendants viennent de confirmer la crainte déjà ancienne de Pékin. Le mont Mantap haut d'environ 2.000 m (7.200 pieds) sous lequel les essais ont été réalisés, souffrirait d'un mal qualifié de « syndrome de la montagne fatiguée » (tired mountain syndrome). Il se traduirait par des tremblements de terre importants survenant lors des essais nucléaires nord-coréens. Depuis, la montagne, qui n'était pas connue pour son activité séismique, a souffert de plusieurs glissements de terrain et tremblements de terre ultérieurs survenant spontanément.

On peut craindre qu'à la suite d'un nouvel essai nucléaire sur le site des essais ( Punggye-ri) , ou même spontanément, une partie de la montagne ne s'effondre avec des résultats catastrophiques. Pyongyang courra-t-il ce risque s'il décidait de tester de nouvelles bombes thermonucléaires?

Inutile de dire que si les Etats-Unis décidaient de bombarder le site des essais, l'effet en serait équivalent à l'explosion d'une bombe thermonucléaire de forte puissance.

Références

1) Voir https://fr.sputniknews.com/international/201710191033518382-coree-nord-usa-menaces/

2) Voir http://www.zerohedge.com/news/2017-10-20/tired-mountain-syndrome-north-koreas-nuclear-test-site-headed-deadly-collapse


Nouvelle alerte de Greenpeace concernant les risques nucléaires en France
Jean-Paul Baquiast 10/10/2017

L'étude paraît sérieuse. Néanmoins les autorités en charge de la sureté nucléaire en France ont immédiatement affirmé que ces risques étaient très exagérés et que par ailleurs toutes les précautions nécessaires avaient été prises.

Il est difficile au profane de juger. On peut seulement rappeler que Greenpeace a parfois montré qu'il était indirectement, volontairement ou pas, au service des stratégies industrielles américaines.

Ceci ne signifie pas qu'il faille ne pas tenir compte de ses avis, à condition de prendre le recul nécessaire.

1) Voir le document de Greenpeace

2) Sur l'étude et les réactions françaises, voir Sciences et Avenir


Mystère technologique à Cuba
Jean-Paul Baquiast 07/10/2017

Les médias occidentaux auraient du s'étonner de constater que le FBI, invité par Raúl Castro à enquêter en profondeur sur les causes des troubles acoustiques ressentis par le personnel diplomatique de l'ambassade américaine à La Havane, n'avait rien trouvé. Ceci malgré la totale liberté qu'il a eu d'enquêter, incluant l'appel à des spécialistes de l'ouïe et de la transmission du son. Quelques diplomates canadiens auraient souffert de troubles semblables.

Bien évidemment, Raúl Castro avait affirmé d'emblée que ni lui ni ses services n'avaient la moindre responsabilité dans cette affaire. D'autant plus qu'au moment où les relations américano-cubaines étaient en voie d'amélioration, à la satisfaction des deux parties, il n'aurait eu aucun désir de revenir à une situation de guerre froide. Mais bien évidemment aussi, personne aux Etats-Unis ne l'a cru.

A la suite de l'incident, le Département d'Etat a annoncé qu'il retirait 60% de ses diplomates à la Havane et invité les touristes américains à ne pas se rendre dans l'ile. Cuba n'a pris à ce jour aucune mesure de rétorsion.

L'organisation dite U.S. Foreign Service Association représentative des diplomates américains a vivement protesté contre la décision du Département d'Etat. De même les agences de voyages et compagnies aériennes, qui avaient transporté à Cuba plus de 600.000 touristes, ont indiqué qu'aucun d'eux ne s'était plaint de troubles analogues à ceux ressentis par les diplomates.

Rappelons qu'à la fin de 2016, une petite partie du personnel diplomatique américain à la Havane s'était plainte de nausées, maux de têtes et pertes d'audition. Le gouvernement américain avait indiqué qu'après examen, les individus concernés avaient souffert d'atteintes cérébrales faibles, de type post-traumatique.

Des hypothèses conspirationnistes ont suggéré que ces troubles avaient été provoqué par l'installation de matériels de nature encore inconnus, provenant soit de services cubains voulant revenir à l'époque antérieure à Obama, soit par des services américains ayant le même objectif, soit même par des agents russes. Mais aucune preuve précise concernant la nature de ces matériels n'a été apportée.

On peut légitimement s'étonner de constater que les services américains dotés des technologies les plus modernes pour détecter les évènements électroniques, quels qu'ils soient et où qu'ils se produisent, n'aient jamais pu ou voulu apporter la moindre preuve d'une agression cubaine. L'hypothèse d'une coup monté par ces services commence à se répandre.

Donald Trump pourrait parfaitement être à l'origine de ce coup. Manifestement, certains de ses conseillers ne se sont jamais satisfaits de la détente avec Cuba imposée précédemment par Obama. Il en a été de même du puissant lobby américano-cubain implanté à Miami. Le blocus convenait parfaitement à ses affaires.

On peut se demander si Trump ne prépare pas en fait une invasion et occupation de Cuba par des troupes américaines. Ce serait un exploit qui lui poserait moins de difficultés que l'occupation du Nord Vietnam.


Les firmes capitalistes contre la science
Jean-Paul Baquiast 07/10/2017

Des scientifiques américains viennent de publier un ouvrage collectif dénonçant les assauts permanents contre la science provenant de firmes dont les activités et produits sont considérés comme dangereux pour la santé publique par les scientifiques concernés.

Mais le principal intérêt de l'ouvrage n'est pas là. Il est de montrer comment ce sont des scientifiques recrutés et payés par ces firmes qui cherchent à présenter comme non-scientifiques les travaux de leurs confrères mettant en cause l'innocuité de ces activités et produits.

Le nombre de chercheurs disposant de tous les titres nécessaires pour poursuivre une carrière honorable dans la recherche et qui acceptent de se laisser corrompre est surprenant. Ils réussissent à démonter, arguments difficiles à contester par le public, que tout ce que font les firmes qui les payent est scientifiquement fondé, et que toutes les critiques, aussi argumentées soient-elles, relèvent de la fausse science.

Ce livre prouve, une fois de plus, que les titres ne suffisent pas pour garantir l'honnêteté des travaux de ceux qui s'en prévalent. Mais comment le grand public, nécessairement insuffisamment informé, pourra-t-il mettre en doute la parole de certains scientifiques, compte tenu du prestige qui s'attache légitimement à la science?

Voir Corporate Ties That Bind: An Examination of Corporate Manipulation and Vested Interest in Public Health
Avril 2018 Martin Walker éditeur